Publié le 2 juin 2016

SANT-HERNOT YACHT-CLUB

                               SHYC [48.10,7 N - 4.33,2 W]                                   25 mai 2016

 

CA Y EST !

Ca y est, les grattoirs, couteaux à mastic, disques abrasifs, meuleuses, ponceuses, papiers de verre, toiles émeri, rubans de masquage, blanchisseurs de coque, disques à lustrer, éponges, petits et grands rouleaux, bacs à peinture, pinceaux de finition et surtout huile de coude sont rangés ! Il était temps, le grand Prix de l’Ecole navale, qui donne le top départ du beau temps et le démarrage de la saison s’est bien passé et il va falloir penser à l’éprouvante période des régates du SHYC.

Le programme, dûment arrêté par les instances dirigeantes du Club dès l’hiver dernier, en fonction du calendrier, mais aussi des marées et de périodes de repos entre les régates, est fixé et communiqué à la Fédération, à la Mairie et publié sur notre site. Il comprend à nouveau quatre courses shycquiennes proprement dites et éventuellement d’autres manifestations adjacentes de moindre ampleur, mais tout aussi intéressantes.

C’est des régates que je souhaite vous parler, car pour un concurrent, du milieu des classements – dirons-nous par gentillesse -, c’est vraiment une épreuve, du stress et de l’inquiétude qu’il va rencontrer.

Certes la simple mise en voile de « della Spiaggia » du 10 juillet, qui n’est jamais qu’un sprint de l’après-midi, ne semble pas bien terrifiante : une heure trente de course pour les plus rapides ou trois heures, voire plus, pour les bateaux normaux, ce n’est pas, comme on dit « la mer à boire » ! D’autant plus que la perspective du but, qui se déroule  toujours sous le soleil qui vient de derrière  l’église de Morgat, rend chaleureux et super-convivial le délicieux accueil que Pascale et Yannick nous réservent à leur Pizzeria, lors du pot des résultats (qu’ils en soient remerciés par avance !). Mais tout de même, c’est la première course, celle du réarmement des navires, celle où, sauf, sans doute, pour ceux qui seront les premiers (les gens à une heure trente…), les inquiétudes des skippers et équipages sont nombreuses : ai-je bien débarqué l’annexe et le deuxième mouillage pour alléger la barque ? Ai-je bien consommé préalablement le maximum de gas-oil ou, pour les hors-bords, n’ai-je pas eu tort d’emporter plus d’un litre d’essence ? Les outils et les étaux et perceuses, on les prend ou on les laisse ? Le spi, est-ce qu’on l’a bien plié lors du désarmement de novembre dernier ? L’écoute de génois, elle passe devant ou derrière le bras du spi ? Combien de bières faut-il prendre ? etc…

Mais finalement tout cela n’est rien : « petite régate, petits soucis !». On pense déjà à l’Everest de la saison, le long cours de la Voile, le Cap Horn du SHYC, je veux dire : « les trente milles de Morgat » du 24 juillet.

Cela, c’est autre chose, une épreuve de fond, de quatre à huit heures et plus de mer ! Dans une baie que seuls les plus courageux ou inconscients osent affronter ! A une période de l’année ou typhons bretons et ouragans portants ne sont pas rares ! Pendant un moment où ni apéros, ni déjeuners ordonnés ne sont possibles et donc où le quatrième danger en « f » des marins, après le froid, la frousse et la faim, c’est à dire la foif, guette tous les équipages…L’arrivée, tout le monde l’espère, l’abandon, la plupart y songent !

Que Neptune protège les membres du SHYC et les autres compétiteurs, durant cette longue et sévère course dont, vous l’avez compris, la durée est évidemment l’élément principal de son charme !

Bon vent pour ce début de saison (mais pas trop…) ! Et à bientôt pour la chronique de sa suite.

JR Q